Premier arrêt dans un port.

6 h 30, j'ouvre le hublot et m'extirpe sur le roof en essayant de ne pas réveiller Manu. Avec mon poids, le moindre déplacement sur les bordées fait giter le bateau, j'espère que ses presque deux mètres de carcasse n'ont pas basculé ! Matin frais mais beau je me délecte du lever de soleil en soulageant ma vessie. Les huitriers pies ont fui et cherchent le soleil sur la digue. Je prépare les haussières en les doublant et immortalise ce premier lever dans un vrai port avec mon bateau.

Manu, bien installé sur la couchette babord.

Les aménagements de ce Kelt sont bien fichus. Tout le mérite en revient au second propriétaire ! Une grande soute à voile installée sous le cockpit permet de choisir l'une des quatre voiles d'avant ou le tourmentin. L'espace restant permet de glisser un coffre à roulette et d'y remplir assez d'avitaillement pour une bonne semaine d'autonomie. Sous la marche de la descente, je peux caler les toilettes chimiques qui font office de... table d'appoint.

Comme dans tout bateau, je ne pouvais qu'acheter au moins un pâté Hénaff pur porc !

En ce début de journée, nous nous dépêchons afin de profiter de la brise thermique. Café vite bu, je double les haussières afin de pouvoir les larguer facilement. Nous partons dans la foulée, au moteur, tout en malaxant cette satanée poire afin que le moteur ne cale pas. Le vent est Sud, Sud Est et devrait faiblir dans la journée jusqu'à 1 BF. Un beau voilier, un Elan 31 je crois, passe plus au nord que nous avant de mettre le cap au nord et le pont de l'île de Ré. Il file... Manu et moi sommes un peu dégoûtés, le type nous largue littéralement et nous marchons à 3,8 noeuds au GPS avant de remonter à 5,6 noeuds. En fin de matinée, le vent faiblit et au niveau de la pointe du Grouin du cou, on ne marche plus qu'à 2,4 noeuds. Je lui propose d'essayer d'endrailler une autre voile, mais elle est trop petite, c'est un foc. Ce que je pense être le génois est en fait le solent et a près de 40 % de surface en moins. Je hisse de nouveau le solent.

Avec cette vitesse d'évolution, Manu a mis à l'eau la ligne de traine spéciale Bar, maquereau, lieux en se disant que ça pourrait être sympa de manger un peu de poisson frais... Nous profitons de cette pétole pour faire tomber le chapeau dans l'eau et une paire de lunettes de soleil.

Ce n'est pas le #vendeegloble mais le cœur y est ! Hein @manutension ? #sail #sailing #Vendeeglobe #Asiatrek #voile

Une vidéo publiée par Laurent Houssin (@asiatrek) le

Un peu cramé par cette réverbération, je prépare à l'abri un plat de pâtes à la moutarde (génial ces pâtes qui cuisent en 3 minutes). Après manger, le Yam 8 cv redémarre sans problème et nous emmène 2 MN avant de caler. Manu essayer de remonter la traine, mais elle résiste. Je suis idiot, je n'ai pas capté que la vitesse rend cette manoeuvre plus dure. 

Je calcule où l'on pourra atterrir de manière sûre. Jard sur Mer et Bougenay sont une possibilité que j'étudie, je ne peux garantir à Manu que le moteur tienne. Nous décidons de pousser un peu plus au nord vers les Sables d'Olone. La poire de la nourrice se vide régulièrement et Manu et moi nous la refilons à tour de rôle, chacun prenant la barre en priant que le moteur ne cale pas et on flippe a chaque raté ou toussotement du moteur.

A l'aide de l'Almanach du Marin breton, je montre à Manu différents amers afin que l'on puisse se situer sur la carte papier. C'est bien le GPS, mais la carte papier offre l'avantage de ne pas tomber en panne de batterie ! Ouf, c'est bon, les Sables d'Olone sont à moins de 2 MN.

Port Olonna en vue, la voile d'avant est ferlée, j'affale la grand voile, qui, en l'absence de lazy jack part en bouse le long de la bôme.  Des touristes nous saluent sur la digue et sur le chenal. Je leur rends leurs coucous le sourire aux lèvre. J'ai vraiment l'impression de revenir du Vendée Globle.

Stationné près de la capitainerie, j'ai un peu d'appréhension pour manoeuvrer le bateau dans les catways. J'ai beau expliquer que je suis peu manoeuvrant du fait des ratées moteur, il s'en fichent. Il m'attribuent la place K47. Le moteur ne cale pas et je me pose nickel entre un first 25.7 et une grosse vedette.
On savoure cette arrivée devant deux pintes de bières et du sauciflard...

 

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