L'arrivée à l'aéroport de Leh, au Ladakh.

Leh, région du Ladakh, 3.500 mètres au dessus du niveau de la mer, le souffle est coupé par l'altitude. Quelques heures après l'arrivée, chaque effort se transforme en un début de migraine. Une barre est ressentie entre le yeux et le front. Le mal des montagnes arrive !
Le mécanisme est connu : vous montez trop rapidement en altitude, l'oxygène est plus rare, votre corps a du mal et vous le fait savoir. 
A partir d'une altitude de 2000 mètres le mal aigu des montagnes, MAM, toucherait 10 à 15% des voyageurs, 50 % entre 3000 et 4000 mètres et plus de 75% entre 4000 et 5000 mètres. Une trop haute altitude rapide, sans acclimatation peut occasionner un œdème pulmonaire ou cérébral... Il ne faut pas prendre ce mal à la légère et ne pas mettre les douleurs et symptômes différents sur le compte du décalage horaire, de la fatigue ou d'un plat mal digéré. 

Mal des montagnes léger, dans les Pamir, j'essaie de sourire, village de Vrang, Wakhan tadjik, 29 septembre 2014

Lorsque je suis parti de Dushanbe vers le Pamir, j'ai souffert pour la première fois de ce mal à  Ishkashim, pourtant, je n'étais qu'à 2.600 mètres d'altitude et les quelques Français croisés m'ont dit que ce ne pouvait pas être - déjà - le mal des montagnes. 
Et pourtant, les symptômes étaient là : j'avais mal à la tête, comme une céphalée, pas très forte, mais de manière continue ; cette douleur diffuse était encore plus intense à l'effort ; lorsque je me levais d'un coup sec par exemple. J'ai parfois des nuits agitées en temps normal et il m'arrive de faire plusieurs apnées du sommeil. Dans le Pamir, à cause de ces apnées, mes nuits de sommeil étaient plutôt courtes et j'avais beaucoup de mal à dormir et à me rendormir. Cet état de fatigue doublé d'une certain irritation m'a coûté quelques jours d'adaptation, le temps que l'organisme s'habitue et fabrique plus de globules rouges pour transporter l'oxygène. Mais il n'a pas vraiment cessé durant mon séjour. Je ne voulais pas renouveler l'expérience en Inde.

Avant toute décision de voyage en altitude, je ne saurais trop vous conseiller de consulter votre médecin généraliste. C'est ce j'ai fait avant de me rendre au Ladakh dans le cadre de l'Himalayan Challenge. Je devais monter à des altitudes variant entre 3500 et 5600 mètres. Evidement, il n'y a pas de temps d'adaptation possible entre le décollage de Delhi à 200 m d'altitude et l'atterrissage à Leh à 3500 m.

Une patiente a qui j’avais prescrit du Diamox en prévention d’un voyage à La Paz m’a décrit des sensations de fourmillements dans les membres.
— Mon médecin généraliste

Mon médecin généraliste, Floriane, est une femme formidable. Comprenez qu'elle est sympa, qu'aucune autre femme qu'elle ne connait aussi bien mon corps, enfin, l'intérieur de mon corps, elle ne me juge pas, me conseille et prend soin de ma santé. C'est elle qui m'avait incitée à pratiquer un test d'effort pour voir si ma balade de France vers le Japon était possible. Résultat, 270 watts maintenus en puissance maximale et un blanc seing pour partir. Pour préparer ma trousse à pharmacie, Lionel, un généraliste ami d'un ami m'avait épaulé.  

Une autre piqure de rappel : tout premier voyage en altitude plus ou moins élevée, nécessite une consultation préalable avec votre médecin traitant. Il est le seul habilité à vous délivrer une ordonnance en vue de constituer votre pharmacie de voyage dont le Diamox fera partie. Les conseils donnés dans cet article ne se substituent en aucun cas à une consultation personnelle, notamment sur l'usage du Diamox. J'aurai pu en trouver à mon arrivée à Delhi pour moins de 2 euros la boite, sans ordonnance et en prendre à mes risques et périls.

L'altimètre de Navionics m'indiquait 4101 mètres. Je ne souffrais pas de MAM.

Le Diamox, dont le principe actif est l'acétazolamide est prescrit entre autre, dans le cadre de séjours en altitude. En prévention, il favorisera l'acclimatation car c'est un inhibiteur d'une enzyme  : l'anhydrase carbonique.

L'effet du Diamox et d'éliminer les ions bicarbonates fabriqués en grand nombre lors de séjour en altitude. L'accumulation de ces ions dans le temps favorise le mal aigu des montagnes. C'est pour cela qu'un passage, en haut de l'Aiguille du Midi par le téléphérique sans y rester trop longtemps n'occasionnera pas de mal des montagnes. Seule l'absence d'oxygène sera ressentie. 
Lors de vols en avion, la pressurisation de la cabine permet de ne pas souffrir de ce mal des montagnes. Elle équivaut à un séjour à 1500 mètres pour un A380, 1900m pour le  B787 Dreamliner qui m'a emmené en Inde et 2400 mètres pour l'A320 qui est allé à Leh...
En atterrissant à Delhi, j'ai respecté la posologie prescrite par le médecin : un comprimé le matin et un le soir avant d'aller en altitude, puis 3 à 4 jours après. Sur le coup, je n'ai ressenti aucun effet secondaire le premier jour, si ce n'est une légère envie d'aller au toilettes un peu plus fréquente. Arrivé à Leh, j'ai eu beaucoup de mal à respirer, comme je m'y attendais. Étonnamment, la première nuit en altitude a été très reposante et les suivantes ont été encore plus bénéfiques. Il semblerait que le Diamox possède, sur moi en tout cas, un effet réparateur sur les cycles du sommeil et évite les réveils nocturnes en évitant certaines apnées respiratoires, cela a été constaté chez d'autres patients. L'une des clefs du succès de l'acclimatation est le repos les premiers jours. Plus facile à dire qu'à faire, surtout quand le temps de voyage est assez court. Le Diamox aide à passer ce cap.
Les jours suivants, j'ai par contre ressenti une légère gène avec les fourmillements dans les doigts, les bras, les jambes. Une pression prolongée sur un membre m'occasionnant plusieurs minutes de désagréments. Un moindre mal en comparaison d'un mal des montagnes. 
Lorsque je suis monté à plus de 4000 mètres, je n'ai souffert d'aucun symptômes supplémentaires... Outre les problèmes d'allergie au principe actif, le Diamox est déconseillé en cas d'insuffisance hépatique, rénale ou surrénale sévère, d'antécédents personnels de calculs rénaux, intolérance au gluten et il est déconseillé en cas de grossesse. 

Le score de Lake Louise est un bon outil pour calculer si vous souffrez de MAM. Voici une traduction de la version anglo-saxone reproduite ci dessous, provenant de http://www.treksafe.com.au.  

1 Maux de tête.
Pas de mal de tête 0  
Léger 1
Modéré 2
Incapacitant 3  

2. Problèmes gastro-intestinaux :
Pas de problèmes 0
Baisse d'appétit ou nausées 1  
Nausées et vomis modérés 2   
Nausées et vomis sévères et incapacitants 3   

3. Fatigue ou faiblesse :
Pas de fatigue ou de faiblesse 0
Légère 1
Moyenne 2
Sévère et incapacitante 3  

4. Etourdissements :
Pas d'étourdissement 0
Légers 1
Moyens 2
Sévères et incapacitants 3

5. Problèmes de sommeil :
Sommeil habituel 0   
Pas aussi bien dormi que d'habitude 1   
Réveils fréquents 2  
Insomnie 3  

Entre 0 et 2 inclus : MAM léger (repos)
entre 3 et 6 inclus : MAM modéré (repos + antalgique)
7 et plus : MAM sévère, descente obligatoire à une altitude correct ou placement dans un caisson hyperbare...

Comment

#page-footer-wrapper { background-color: whitesmoke; }