UN sac de couchage ultime : le Valandré Thor.

Lors d'un voyage demandant un minimum d'autonomie, vous serez confrontés à un moment au choix d'un sac de couchage performant et durable.

Comment le choisir ? En plume ? Fibre ? Sarcophage ? Couverture ? Valandré ? Triple Zéro ? The North Face ? RAB ? Décathlon ? Le sac de couchage souvent improprement appelé duvet peut être difficile à choisir. C'était mon cas en 2011 pour préparer Asiatrek. Lorsque j'ai commencé à camper, c'était toujours en été. J'ai utilisé très longtemps un sac de couchage de forme couverture en plume. Un Millet. Un vieux vieux modèle de vingt ans d'âge. Un peu trop chaud. Le pauvre a terminé sa vie coupé en deux pour faire une petite couverture chaude pour ma fille. Ensuite, j'ai utilisé un sac couverture en synthétique. Un modèle moins chaud, mais de qualité et de fabrication plus que moyenne : peu compressible, il m'a accompagné en 2002 lors de mon premier séjour en Israël/Palestine.

Dès 2004, j'ai investi dans un sac Décathlon S15 Ultralight. Lors de l'achat j'ai été séduit par la taille rikiki de ce sac une fois compacté. Ce n'est que par la suite que je me suis rendu compte que je l'avais acheté en L au lieu de XL : il n'avaient qu'une seule référence en rayon. Tant pis pour moi. Lui m'a bien servi. En prenant soin du rangement, du nettoyage, le garnissage synthétique n'a pas trop bougé en 10 ans, je m'en suis surtout servi en "mode couverture". Il offre une fiabilité de bon aloi. Autoproclamé bouillotte humaine, je n'ai eu froid qu'une fois avec lors d'une rando en Arménie à Alaverdi. A plus de 1000 m, en avril, il faisait pas loin des -10 °. Les petites bougies oranges achetées dans le monastère ont été allumées pour prier que je ne gèle pas réchauffer la tente afin de me sentir moins glacé. Et j'ai eu froid, malgré ma polaire. Bref, c'était des conditions de couchage à la limite du danger et de la connerie de ma part. 

En projetant ma balade vers Saint-Jacques de Compostelle quelques mois après, en janvier 2008, l'achat d'un sac plus chaud s'imposait. Les prix des sacs en duvet au Vieux Campeur me rebutaient. C'est couillon, mais j'aurais mieux fait d'investir dans un bon sac à ce moment là : mes finances étaient au beau fixe. Je me suis laissé tenter par un Décathlon S5 Ultralight. Température de confort 5 degrés, agréable, confortable mais lourd, et surtout peu compact malgré le sac de compression vendu avec. Il était garni de fibres.
J'ai passé plusieurs nuits aux environs de zéro degrés dedans et même moins (-5 maxi) sans jamais ressentir le froid . Pour moi, grande bouillotte humaine, ce sac serait parfait pour affronter des températures légèrement négatives. Ma fille me l'empruntant a tout juste chaud lors des nuits de début d'été où il la température descend entre 5 et 10 degrés, comme en Angleterre lors du Mini United 2009 ou lors de nuitées de camping à Lacanau.

N’oubliez pas ce manque de justice flagrante entre l’homme et la femme en choisissant votre sac. Une femme aura besoin, en général d’un sac un peu plus chaud, dans des conditions de randonnée équivalentes.

Grand Barbat 1100 FL de chez Triple Zéro. Un must.

Maintenant, voilà comment j'ai choisi ce sac qui m'accompagne depuis 2012...
La norme NE 13537 doit permettre de choisir et surtout de comparer plusieurs sacs. Cette norme européenne déclinée en version française depuis 2003 (NF NE 13557) permet de se repérer selon la même méthodologie. Température maxi, température de confort, température limite et température extrême. Une femme de 60 kilos se référera à la température de confort. Un homme de 80 kilos pourra aller vers la température limite. Ceci est à moduler en fonction de la forme physique de chacun, de sa propre résistance au froid. Attention, compte tenu de la charge en duvet effective et sa qualité, certains constructeurs étrangers semblent très optimistes.

L'isolant, duvet ou synthétique, a le même but : emprisonner l'air afin de résister aux plus basses températures. A qualité d'isolation identique, un sac de couchage en duvet sera vraiment plus compact, moins lourd. Mais il sera aussi plus cher. Le sac présenté tout en haut est un Valandré Thor néo, un monstre à plus de 700 euros prévu pour les expéditions extrêmes. Le second, le bleu, est un grand Bardat 1100 de Triple Zéro, même conditions d'expédition et 640 euros. Le top du top en matière de fabrication et de qualité de plumes. L'une est originaire des Alpes, l'autre des Pyrénées. Triple Zéro est la seule marque à ma connaissance, qui fabrique totalement en France. 

Quelle forme choisir ? Sarcophage, droite, mixte, pied d'éléphant... Il existe la forme classique, comme une couverture munie d'un zip, les déperditions de chaleur sont importantes au niveau des épaules. Pas besoin de vous présenter le sarcophage et sa forme dite momie très (trop ?) anatomique. Le mixte offre une capuche comme le sarcophage et une coupe "droite" au niveau des jambes mais reste difficile à trouver. Le pied d'éléphant est un mini sac de couchage qui s'arrête au niveau du ventre et doit être complété avec une doudoune. 

Le rayon des sacs de couchage au Vieux Campeur.

Mon dilemme a été de posséder le sac idéal qui me permettra d'affronter aussi bien les températures positives que négatives en gros du +20°C voire plus la nuit jusqu'à -20°C. C'est quand même impossible à trouver. Dans les steppes kazakhes, j'avais un simple drap de coton et j'ajoutais ma doudoune sur le corps simplement posée pour garder une chaleur optimale. Dans la durée, il est facile de jouer avec une couverture en polaire, un sac à viande en soie pour l'intérieur et un sursac en thermolite ou de n'utiliser qu'un seul de ces éléments.

J'ai donc fait réaliser chez Triple Zéro un sac / couette de format 220 par 200 déplié ; donc forme rectangulaire 220 par 100 utilisé en sac avec possibilité de le fermer complètement au niveau des épaules.  
Louis Fernand Pinel le patron de Triple Zéro m'avait répondu : "Ton projet est réalisable. 100/220, une face -15°C l'autre +5°C, une collerette et plutôt qu'un rabat je te propose du zip étanche continu, ce qui évitera les rabats en duvet qui sont toujours une source de problèmes (ça coince) et ce qui nous permettra d'avoir la bonne longueur. Il ne sera pas séparable (est-ce-bien utile) mais on peut mettre 2 curseurs (ou plus?) si tu veux ouvrir par en bas. Son prix serait de 439 euros, avec 42 compartiments, 550g de duvet d'un coté, 250 g de duvet de l'autre. Son poids total serait d'environ 1250g". 

L'atelier très familial de Triple Zéro à Durfort, dans le Tarn.

L'atelier très familial de Triple Zéro à Durfort, dans le Tarn.

Mon bilan : depuis presque 5 ans que je l'utilise, ce sac est génial lorsqu'il fait froid. Je l'ai testé jusqu'à -25° C en remorque frigorifique. Dans le Troms, en Norvège, au début de l'hiver il a été très chaud avec une température ressentie de -20 degrés. Durant Asiatrek, j'ai eu plusieurs épisodes froids en Allemagne et en Chine ou le thermomètre a tutoyé avec les -15°C humides et venteux. Même avec l'humidité de la transpiration, de la respiration et de la condensation mon sac en duvet n'a jamais été totalement humide. Les quelques fois où il a été mouillé, je l'ai séché au soleil. C'était le cas lors du -17°C en Allemagne . Sa couleur noire rend l'opération très facile. 

Le choix de votre sac de couchage dépendra de votre programme, de vos envie et surtout de votre budget. Le camarade Vincent Gaudin, instigateur du Journal du Trek liste 12 conseils pour bien les choisir

Si vous en avez les moyens, prenez un sac de couchage en duvet sauf si vous savez que le climat sera humide(...) Si vous êtes adepte du bivouac ou du tarp, préférez un sac synthétique.
— Vincent Gaudin, le Journal du Trek

Caro, une copine qui navigue souvent en bateau avait le problème de la place occupée dans son sac à dos de 70 litres par son duvet synthétique. Lorsque je l'ai croisée à l'apéro de Pass d'Av, en avril dernier, elle m'a demandé des conseils. Je l'ai incité à acheter un sac Triple Zéro, comme l'Orhy, compte tenu de son budget et du fait qu'elle se le trimballe souvent, c'est un investissement intéressant.
Les premiers prix pour un sac de couchage en duvet basique débutent à un peu plus de 100 euros...

Lors de mon passage chez Triple Zéro à Durfort, je n'avais pas croisé Louis Pinel, le patron, mais deux collaboratrices qui m'ont montré sommairement les réalisations de cette entreprise. J'ai craqué pour leurs doudounes, à commencer par la Antza. Triple Zéro assurant qu'elles pouvaient remplacer un polaire. J'avais craqué pour un modèle sans manche avant de me raviser et de prendre un modèle avec capuche amovible ET manche, la Ama. Non pas que je puisse pédaler avec (quoique), mais lors des descentes ou des pauses, je devrais éviter de me cailler de trop... Cette doudoune sera donc le top, pour éviter de cailler après avoir transpiré...  J'aime le tissu léger de 32 grammes le M2... 

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